Imagini ale paginilor
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It is singular that the French savans, sent to procure whatever might promote science and establish historical data, failed in decyphering these characters; and before their advent, Mr. Edward Wortley Montague had said—“ From the inscription I could discover nothing; it is on the west face of the base, but so much injured by time, and I may say too by malice, for the marks of an instrument are plainly discovered effacing it, that one can but imperfectly make out some Greek characters, so imperfectly indeed that no one word can be found.” The skill and zealous exertions of the gentlemen above named have altered this.

Both the Baron and myself may appear to bave dealt harshly with Mr. Montague; but I certainly regretted that a gentleman of his acquirements and energy should either deceive or have been deceived in respect of the coin of Vespasian. The whole story had been inquired into by Consul-General Salt, who found it was traditionally considered a mere pleasantry. Now for my first letter:

A bord du vaisseau ile S. V. B. T' Arenture,

à Alexandrie, d' Egypte, le 15 Avril, 1822. Puisqu’un vaisseau chargé de fèves part dans ce moment pour Gênes, je profite de cette occasion pour vous faire savoir que je me trouve actuellement ici, où je ne suis pas seul, car les escadres turque, algérienne, tunisienne, tripolitaine, et égyptienne sont mouillées dans ce port, au nombre de cinquante-sept voiles, formant une flotte supérieurement indisciplinée, commandée par un homme de terre, et si détestablement maneuvrée, qu'en entrant dans ce port, avec le même coup de vent avec lequel nous sommes entrés, et pendant lequel nous n'avons pas touché au fil d'une corde, ils avaient perdu deux frégates, trois corvettes, et un brick; près de 700 hommes de leurs équipages ont péri; trois frégates, neuf corvettes et bricks ont été démâtés par-dessus le marché.

J'ai commencé mes opérations avec le plus grand succès, car mes chronomètres ont marché infiniment mieux qu'ils ne l'avaient fait l'hiver passé dans le golfe orageux du Syrtis. J'aurai l'honneur de vous communiquer quelques-uns de mes résultats.

J'ai achevé la levée d'un plan particulier d’Alexandrie (1) avec la permission et la coopération de Mehemmed-Ali, le célèbre Pacha d'Egypte, dont je vous ai souvent parlé.

Il est tout enchanté de mes instrumens; je les lui ai fait porter dans son palais, pour qu'il pût les voir à son aise.

Il était sur-tout ravi de mon grand télescope micrométrique, avec lequel on avait mesuré plusieurs petites distances sur le terrain. Le Pacha mesura lui-même le diamètre du soleil, ce qui surprit extraordinairement ses courtisans. Mehemmed leur expliqua ensuite à quelle distance ils étaient du soleil, etc. ... Vous me direz, mais ce ne sont là

Vous me direz, mais ce ne sont là que des bagatelles ; mais précisément ce sont ces bagatelles qui me sont d'un grand secours, et qui avancent prodigieusement ma besogne. J'étais souvent plus embarrassée à expliquer un instrument à des personnes qui n'auraient pas dûn être ignorantes, qu'à ce Muselman.

Je lui ai dit un jour, que puisque la colonne d'Alexandrie, que je ne puis entendre nommer la colonne de Pompée (2), était un des points de ma carte topographique, et que, son élévation étant si considérable, je pourrais y relever des objets très-éloignés, et qu'à cet effet je voudrais bien y transporter mon grand théodolite. Cette idée ayant fait grand plaisir au Pacha, je fis construire un grand cerf-volant, au moyen duquel, d'après l'exemple des marins anglais, qui y montèrent les pre.miers (3), nous y jetâmes une petite corde, puis une autre plus grosse, et ainsi de suite, jusqu'à ce que

y nous y eûmes hissé et fixé une échelle des cordes fort régulière, au grand étonnement des matelots de la flotte turque. J'en étais d'autant plus satisfait, que j'ai pu porter avec une grande sûreté un excellent instrument sur la pointe de ce magnifique débris de l'antiquité.

Je suis tout-à-fait de l'opinion de M. Sylvestre de Sacy, dans ses notes savantes sur la relation d'Abd Allatif, que cette colonne avait été entourée d'un immense portique, d'où elle avait pris le nom de Amood al Sawary, ou la colonne des pilliers, nom qu’on a corrompu et ridiculement transformé en Pillier de Severus. Je pense de même qu'il est assez bien prouvé que c'est la colonne dont parle Aphthonius, * et de laquelle il dit, qu'elle supportait les élémens de toutes choses, expression qu'il n'est pas probable qu’on l'eût appliquée à une colonne, mais plutôt à ce grand cercle de cuivre, dont Hipparque fait mention, en comparant ses observations des solstices avec celles d'Archimède. De plus, Abd Allatif dit positivement qu'il y avait vu une coupole (environ vers l'an 1200 de J.C.) Ne pourrait-on pas en inférer que cette colonne avait été destinée aux observations astronomiques, qu'elle avait été placée au centre même de ce superbe carré du Serapeum, où probablement avait aussi été logée la fameuse bibliothèque? Quoi qu'il en soit de ces révêries hypercritiques, il n'est pas moins vrai que j'ai ressenti un plaisir bien réel, en prenant des angles dans le tour de l'horizon d'une station aussi remarquable, sur laquelle avaient assurément plané les regards de Ptolemée, le patriarche de la géographie.

Il est encore bien extraordinaire d'avoir éprouvé que cette colonne n'était pas assez ferme à y pouvoir prendre des hauteurs dans un horizon artificiel de mercure, quoique recouvert de son toit de glaces, et quoiqu'il fût placé dans une cavité creusée exprès dans la surface du chapiteau, pour le bien abriter. Lorsque les deux bords du soleil étaient en contact, on s'apercevait d'un mouvement continuel et léger, provenant de l'oscillation du mercure.

J'ai

par conséquent dû avoir recours à un horizon de verre coloré, sur lequel j'ai pu faire l'observation suivante :

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Aphthonius d'Antioche était sophiste et rhéteur, qui a vécu dans le xi. siècle ; il a laissé quelques ouvrages. Voyez Suidas in Aphthonio.

J'ai aussi observé à un cadran solaire la variation de l'aiguille aimantée au sommet et à la base de la colonne, et j'ai trouvé une assez grande différence due à quelque localité inconnue.

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Voici les véritables dimensions de cette célèbre colonne, mesurée avec le dernier scrupule, à cause de la grande diversité qui régne sur ces mesures. (4)

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Nous avons déchiffré en grande partie la dédicace grecque du préfet d'Egypte à Dioclétien (5), mais il n'est pas prouvé pour cela que Dioclétien avait quelque chose à faire à cette colonne, pas plus que la France n'y avait part, si (comme elle avait eu cette intention) elle l'avait dédiée avec solemnité à l'armée française et au directoire. Cette expédition extraordinaire a certainement produit de grandes merveilles en humanisant les habitans du pays par la fréquente communication avec les chrétiens.

Je termine cette lettre en vous envoyant ici tous les angles que j'ai pris sur une station si peu commune, au sommet de cette colonne si remarquable. Chaque angle est la moyenne de trois répétitions.

1° 04' 35 25 40 15 2 12 10

9 55 30

3 39 30

Du phare au rocher du diamant
Du rocher du diamant à l'aiguille de Cléopatre
De l'aiguille de Cléopatre au pharillon
Du pharillon à la nouvelle mosquée du Pacha
De la nouvelle mosquée au fort Crétin
Du fort Crétin au Kiosk du canal
Du Kiosk du canal à la tour des Arabes
De la tour des Arabes au Marabut occid!
Du Marabout occidl au Kiosk du grenier
Du Kiosk du grenier au rocher de Baseline
Du rocher Baseline au point Eunost
Du point Eunost au harem du Pacha

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11 18 15 16 02 25

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(1) On trouvera dans le xvii. volume, page 489, du Naval Chronicle, 1807, un plan de l'ancienne ville d'Alexandrie, et de Scandria, la nouvelle ville actuelle, avec ses deux ports; la baïe d'Aboukir ou Bequiere, le Delta et les bouches du Nil, les vues de deux pharillons, les ruines de la bibliothèque d'Alexandrie, &c. dressé par le géographe anglais John Lujiman.

En 1817 M. Chrétien Falbe, lieutenant de vaisseau de la marine royale danoise, a levé un fort bon plan des deux ports d'Alexandrie. Toutes les sondes, rochers, récifs, bancs de sable y sont marqués avec soin. M. Falbe a publié cette carte à Livourne en 1818, et y ajouta des remarques pour en faciliter l'usage aux navigateurs. Ces remarques ont été imprimées sur une demi-feuille en français à Livourne en 1818, et en anglais à Copenhague en 1819. M. Falbe place le phare, ou le grand-fanal, en 31° 13' 5" latitude boréale, et en 27° 35' 30'' à l'est du méridien de Paris. La variation de l'aiguille aimantée 13° à l'ouest. Cette détermination est celle que les membres de l'Institut d'Egypte y ont faite en 1798. Selon ces mêmes savans, la latitude de la colonne de Pompée est 31° 11' 14''; la longitude 27° 36' 15". La variation 13° 6' à l'ouest.* D'après ces données, il y aurait une différence de l' 25'' sur la latitude de cette colonne, dont la distance à la méridienne du phare est 1038", 5 mètres à l'est, et 3473M, 1 mètres au sud de sa perpendiculaire. La base que les français y avaient mesurée était de 653 mètres, et les angles ont été pris avec un

y cercle-répétiteur de Borda.

(2) Effectivement aucun auteur ancien n'a fait mention de cette colonne sous le nom de Pompée. On croit généralement que la ville d'Alexandrie avait été fondée par Alexandre le grand, 330 ans avant notre ère, mais il est question d'une ville Alexandrie en Egypte, long-tems avant ce conquérant; les prophètes dans l'ancien testament en parlent; Jérémie au chap. 46, v. 25; Ezechiel, ch. 30, v. 14 et 16; Nahum, ch. 3, v. 8. Au vrai, il n'y a que les traductions latines qui nomment cette ville Alexandrie, car dans le texte hébreu, il y a toute autre chose, elle y est appelée No-Ammon, qu'on a travesti en Alerandrie. Selon Diodore de Sicile cette ville avait plus de 7 lienes de long, et 12 milles de circonférence, avec une population de trois-cent mille habitans. Les anciens auteurs ne tarissent pas dans leurs descriptions sur la magnificence de ses édifices, ampithéâtres, temples, obélisques, colonnes, etc. De toutes ces merveilles il n'est resté que deux obélisques, dont l'un sur pied, l'autre renversé, connus sous le nom d'aiguilles de Cléopatre, et la belle colonne

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Voyez mes éphémérides géograph. vol. iv. p. 62.

de granit à laquelle on a donné si mal-à-propos les noms de Pompée, de Severus, d'Alrien, de Dioclétien, sans autorité quelconque. Le fameux phare bâti par Ptolemée Philadelphe 230 avant notre ère, a disparu depuis long-tems; on l'a remplacé par une tour nommée le grand-Pharillon * qui sert de fanal. Je ne sais où Jean. Baptiste Porta apprit que le Roi Ptolemée avait fait placer dans ce phare un miroir, ou plutôt une lunette, qui lui faisait appercevoir et distinguer les vaisseaux à une distance de six-cents milles.f Aucun auteur ancien n'en a jamais parlé.

J'ai fait remarquer il y a long-tems que les anciens connaissaient bien le microscope, mais non pas le télescope ou la lunette d'approche. Sénèque dans le premier livre de ses questions naturelles dit fort-clairement:

“ Poma per vitrum adspicientibus multo majora sunt. Columnarum intervalla porticus longiores jungunt. . . . Literae quamvis minutae et obscurae, per vitream pilam aqua plenam majores clarioresque cernuntur. Poma formosiora quam sint videntur si innatant vitro. Sidera ampliora per nubein adspicienti videntur. . . . Quidquid videtur per humorem longe amplius vero est. Quid mirum, majorem reddi imaginem solis, quae in nube humida visitur, cum de causis duabus hoc accidat ? quia in nube est aliquid vitro simile, quod potest perlucere, est aliquid et aquae, etc. ..." Mais à toutes ces épithètes, majora, longiora, ampliora, clariora, formosiora, il manque la seule qui caractériserait la lunette d'approche, c'est le propinquiora; aucun auteur ancien ne l'a jamais employée.

Le fameux moine anglais Roger Bucon y était bien plus près, quatre siècles avant la découverte des lunettes, lorsque d'un esprit prophétique il avait dit dans son ouvrage, de mirabili potestate artis et naturae, " Possunt enim figurari perspicua, ut longissime posita appareant propinquissima et e contrario; ita quod incredibili distantia legeremus litteras minutissimas et videremus res quantumque parvas.” Voilà une parfaite description du télescope, lequel cependant n'existait que dans l'imagination de Bacon; mais lorsqu'il ajoute, “Sic enim existimant quod Julius Caesar per littus maris in Galliis deprehendisset per ingentia specula dispositionem et situm castrorum civitatum Britanniae," on est aussi tenté de croire qu'un pareil conte n'existait que dans le cerveau trop fertile de ce moine.

Il est vrai que Henri Salmuth dans ses notes sur l'ouvrage de Pancirole,|| fait remonter la découverte des lunettes d'approche à la plus haute antiquité, en s'appuyant sur deux passages dans Plaute. Dans sa comédie Cistellaria, il est dit dans le 1er acte, 1re scène, 93, “ Dum redeo domum, conspicilio consequutus est clanculum me usque ad fores.” Dans le fragment de la comédie du Médecin, on trouve cette phrase: " In conspicilio adservabam, pallium observabam.” Mais Nonius et autres commentateurs entendent par conspiciliuin un lieu d'où l'on pouvait voir sans être vu, comme dans nos volets à claire voïe, que nous appe

* Le petit Pharillon est de l'autre côté de l'entrée du nouveau port, qui n'est destiné que pour les vaisseaux chrétiens, le vieux port (1 Eunostus ) est réservé aux navires des musulmans.

Diximus de Ptolonuei speculo, sive specillo potius, quo per sexcenta millia pervenientes nares conspiciebat. Jo. B. Porta, Mag. Natur. lib. 17, cap 11.

# Corresp. Astr Allem vol. viii. page 42.

$ Ce traité a été traduit en français par J. Girard de Tournus. Paris 1526, in-8°. Il a été réimprimé à Lyon en 1557, in-8°, sous le titre, L'admirable pouroir et puissance de l'art de nature, etc.

|| Rerum memorabilium jam olim deperditurum et recens inventurum, etc. Ambergae 1599—1602, 2 vol. in-8°. Salmuth l'a traduit de l'italien. Il y a aussi une traduction française par P. de la Noue. Lyon 1617, 2 vol. in-12. Pancirole était de Reggio, patrie d'Arioste; mais il composa ce traité à Turin, où il fut appelé de Padoue par Philibert Emmanuel Duc de Savoie. Mais l'air de Turin lui ayant fait perdre un oeil, et le mettant en danger de perdre l'autre, il retourna à Padoue, où il est mort en 1599. Pour cette raison et autres, le climat de Turin n'a jamais été favorable aux astronomes.

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